Le débat d'hier entre Ségolène Royal et François Bayrou a été globalement positif. Réjouissons-nous d'abord d'avoir pu suivre un vrai débat d'idées, qui s'est de plus déroulé dans une ambiance cordiale voire parfois détendue. Voilà un exercice démocratique réussi qui fait honneur à la politique.
Sur le fond, les deux personnalités politiques ont mis en évidence leurs convergences et leurs divergences, montrant ainsi qu'il sera possible de faire des réformes ensemble, notamment sur les institutions.
L'économie, et c'est normal, a été le sujet sur lequel les plus grandes divergences sont apparues. Du côté centriste, une tentation libérale bien logique, voulant faire appel à des sociétés privées dès que possible, de l'autre une défense claire des services publics et d'un rôle renouvelé de l'Etat et des régions autour de la solidarité fondatrice de notre société.
Hasardons-nous à croire que les convergences apparues entre les programmes de Ségolène Royal et François Bayrou sont plus fortes que celles qui pourraient unir ce dernier à Nicolas Sarkozy. Car la partie du dialogue qui a concerné la société (banlieues, lutte contre la délinquance, immligration, éducation) a davantage montré la volonté de François Bayrou de se distinguer du programme de Nicolas Sarkozy.
En clair le chantage et les menaces de l'UMP sur les députés UDF actuels et la volonté de ceux-ci de garder leurs sièges coûte que coûte en ralliant Nicolas Sarkozy, font bien pâle figure vis à vis de la clarté du dialogue d'hier entre Ségolène Royal et François Bayrou. Mais ça, ce n'est pas nouveau.



