Dimanche 20 mai 2007

La plupart des commentateurs politiques ont analysé la victoire de Nicolas Sarkozy et notamment son rassemblement de la droite en arguant qu’il avait réussi à décomplexer la droite, qu’il avait su dire tout haut ce que d’autres pensaient tout bas. Il a su ainsi capter une grande partie de l’électorat du Front National. Et l’on eut droit à cette image de Jean Marie Le Pen en avare de Molière qui s’est vu voler sa cassette et avec elle les nombreuses voix sur lesquelles il comptait.

Beaucoup se sont réjouis de cette situation. A tort selon moi. Car en agissant ainsi, en reprenant sans honte les arguments de la droite extrême, en levant certains tabous sur le racisme et la xénophobie (souvenez-vous du mouton dans la baignoire), Nicolas Sarkozy n’a fait que banaliser ces idées incompatibles avec les valeurs de la France républicaine. Faut-il se réjouir du faible score du Front National et ainsi l’enterrer ? Non, parce que ses idées et donc ses électeurs n’ont fait que se déplacer sur un autre candidat. Entre 20 % chez Jean Marie Le Pen, et 10% chez lui et 10% chez Nicolas Sarkozy, le résultat est le même. Les idées qui consistent à montrer les immigrés, les étrangers et pire, les jeunes français d’origine africaine, comme des bouc émissaires de tous les problèmes sont toujours là et les voilà même au gouvernement de la France.

Toute société doit avoir des tabous pour maintenir le « vivre ensemble ». Méfions nous de ceux qui les cassent.

Et il faut surtout se méfier des nouveaux tabous qui tendent à s’ériger dans le panorama de la politique française. Ainsi, sont aujourd’hui montrés du doigt : le recours à l’Etat dans l’économie, l’action bénéfique des nos fonctionnaires, le rôle positif de l’immigration, la repentance des crimes et fautes que d’autres français ont pu commettre avant nous (esclavage, collaboration avec le nazisme par exemple), l’héritage de mai 68, l’avancée sociale des 35 heures…etc. Ces idées majeures sont ringardisées, ceux qui devraient les défendre avec force n’osent plus que les bredouiller. Comme si les tabous changeaient de côté…

Je dis non ! Nous ne devons pas avoir honte de ces valeurs parce que certains essaient de les montrer comme passées de mode ! Nous devons avancer debout, fiers de nos idées, et construire un projet solide, novateur, qui ne court pas après les sondages d’opinion ou je ne sais quel centre ou quel milieu, mais qui ouvre une voie humaniste et porteuse de toutes les solidarités.

par Panthere Blanche publié dans : La griffe de l'actu
 

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